Phrase envolée

Je vous présente Rosae, ou histoires diverses d'un jeune écrivain.



¤ ¤ ¤ Bienvenue et bonne lecture ¤ ¤ ¤






undefined Cliquez sur la rose pour accéder à la liste des articles, rangés par catégories.




~ "La Vie est une rose, où chaque pétale serait un rêve, et chaque épine une réalité..." ~

[A. de Musset]







Samedi 15 novembre 2008
Eh bien ! Cela faisait longtemps non ? Voici un petit texte écrit après m'être fait décroché la machoire d'admiration après une première visite dans un planétarium. Sauvons les étoiles !










Les étoiles ont disparu. Oui, regardez bien au dessus de vos têtes. Vous ne voyez rien qu'une immense masse sombre et inquiétante, éclairée seulement par la lueur blafarde de la lune. Au fond de vous même, vous le savez, il manque quelque chose dans ce ciel dénué de toute poésie, de toute cette magie ancestrale qui a fait voir des licornes et des ourses à nos ancêtres dans un alignement de points totalement aléatoires. Que manque-t-il ? Vous le savez à peine, vous qui depuis tout jeune avez toujours vécu avec ce ciel d'encre, sans jamais admirer la beauté implacable de la nuit véritable, habillé de son manteau de soirée, celui qu'elle aime tant revêtir, avec toutes ses paillettes et ses fanfreluches. Mais sous cette nuit couleur d'encre, vous sentez un profond malaise s'insinuer dans votre cœur, si bien que vous n'osez même plus lever les yeux vers cette voûte désespérément vide, car vous savez que quelque part si les étoiles ne veillent plus sur les hommes, c'est parce que les hommes ne veillent plus sur leurs étoiles...

*ø*ø*


Quelques fois, si vous avez de la chance, vous pouvez apercevoir des points lumineux, au travers de l'épais nuage composé majoritairement de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone, et toutes les autres agréables espèces chimiques qui étranglent à petit feu notre si précieuse planète bleue. Ces points luisent faiblement dans le semi-jour nocturne alimenté par toutes les joies de la civilisation : néons hautement toxiques pour la nature, enseignes publicitaires, lampadaires en sur-nombres, qui éclairent vaillamment même les endroits les plus déserts. Et au milieu de toute ces lumières artificielles, les astres disparaissent, un à un, eux qui font toute la beauté de la nuit.

*ø*ø*


Mais ce qui est terrible, c'est que les hommes ne perçoivent pas cette disparition : ils perdent l'habitude de lever les yeux au ciel une dernière fois avant de dormir, simplement. Ils perdent l'habitude de savoir admirer les constellations, et de les apprendre à leur enfants. Ils oublient toutes les mythologies, si belles, si romantiques, si poétiques, associés à ces regroupement d'astres. Ils ne savent même plus la signification des signes du zodiac, eux qui tous les matins regardent en tremblant de peur un magazine qui leur prédit amour
ad viam aeternam avec une femme si belle que même Hélène  la Grecque l'envierai, argent coulant soudainement à flot, pouvoir devenu subitement si important qu'ils peuvent se considérer comme les maîtres du monde.

*ø*ø*


Alors oui, il faut faire quelque chose pour que les gens n'oublient pas que les hommes sont devenus bipèdes pour se rapprocher un peu plus des étoiles. Il faut leur rappeler cette vieille coutume qui veut que chaque lueur dans le ciel représente l'âme d'une personne passée de l'autre côté, et qu'en assassinant les étoiles, l'on tue nos ancêtres froidement, une nouvelle fois. Parce que la nuit à toujours représenté toutes nos terreurs, nos fantasmes les plus monstrueux, jusqu'où ira l'homme si l'on supprime la seule chose qui l'ai jamais autant terrifié qu'un autre homme ?

 

 

 

Iris




Par C.I.M - Publié dans : Divagations diverses
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus